Çalıştığı Kurum : Chouaïb Doukkali University
Les centres culturels : « ponts » diplomatiques et espaces d’ « osmose » culturelle : Le cas de l’Institut Yunus Emre au Maroc
https://doi.org/10.62841/ChronAfrica.2025.248 PDFSayfa : 225-243
Resume
Consciente de l’importance géostratégique de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), la Turquie déploie une stratégie d’influence fondée sur une combinaison de diplomatie active, de coopération économique et de rayonnement culturel. L’objectif d’Ankara est de consolider son positionnement en faisant de cet espace un terrain d’influence privilégié. Dans cette optique, elle mise sur le soft power en développant des actions culturelles et éducatives destinées à renforcer ses liens avec les populations locales et les États de la région. Le Maroc, en tant qu’acteur majeur de l’Afrique du Nord et trait d’union avec l’Afrique Subsaharienne, occupe une place centrale dans cette stratégie. C’est dans ce contexte que s’inscrit le rôle de l’Institut Yunus Emre de Rabat, qui se positionne comme un vecteur clé de la diffusion de la culture turque. À travers une programmation diversifiée — allant de l’enseignement de la langue turque à l’organisation d’événements culturels tels que des expositions, concerts, projections cinématographiques, conférences ou encore ateliers culinaires — l’Institut contribue activement à faire connaître la richesse du patrimoine culturel turc auprès du public marocain. En adoptant une approche qualitative et en analysant les activités proposées par ce centre, nous nous attachons à étudier le rôle de l’Institut Yunus Emre en tant que vitrine culturelle de la Turquie, tout en favorisant la construction de passerelles durables entre les sociétés turque et marocaine.
Mots clés
La politique culturelle, Le soft power, puissance émergente, la médiation culturelle, le patrimoine immatériel
Abstract
Aware of the geostrategic importance of the Middle East and North Africa (MENA) region, Turkey is implementing an influence strategy based on a combination of active diplomacy, economic cooperation, and cultural outreach. Ankara’s objective is to consolidate its position by making this region a privileged sphere of influence. In this regard, it relies on soft power by developing cultural and educational initiatives aimed at strengthening its ties with local populations and states in the region. Morocco, as a key player in North Africa and a bridge to sub-Saharan Africa, occupies a central place in this strategy. Within this context, the Yunus Emre Institute in Rabat plays a key role as a vehicle for promoting Turkish culture. Through a diverse program — ranging from Turkish language instruction to the organization of cultural events such as exhibitions, concerts, film screenings, conferences, and culinary workshops — the Institute actively contributes to raising awareness of the richness of Turkish cultural heritage among the Moroccan public. By adopting a qualitative approach and analyzing the various activities offered by the center, we aim to examine the role of the Yunus Emre Institute as a cultural showcase for Turkey, while fostering the creation of lasting bridges between Turkish and Moroccan societies.
Keywords
Cultural policy, soft power, emerging power, cultural mediation, intangible heritage
